Pourquoi j’ai aimé Mum Poher de Sébastien Bailly

Mum Poher
Sébastien Bailly a publié ce « premier roman » en autoédition en septembre 2019. 

Mum Poher… Un titre bien mystérieux. Un personnage tout aussi insaisissable. Ou presque… Sébastien Bailly, journaliste et auteur, a publié ce « premier roman » en autoédition l’an dernier, en septembre 2019. Ce n’est pas sa première expérience de l’édition. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’écriture et d’un roman pour la jeunesse, il s’est essayé à une littérature un peu plus sérieuse.

D’abord, pourquoi lire Mum Poher ? Ma curiosité naturelle pour les livres a joué beaucoup. Le titre, surtout, m’a intrigué, tout comme l’illustration en couverture (oui, les guitares et moi, une histoire passionnelle…). Puis le résumé. Comme j’ai beaucoup de curiosité pour ce qu’écrivent les confrères, la logique voulait que je me penche sur cette œuvre. Et j’en suis sorti particulièrement enthousiaste.

Un premier ingrédient m’a frappé. Le rythme dès l’incipit est soutenu, très vif. Il nous plonge rapidement dans l’aventure de Brigitte – plus tard Birgit et Mum Poher. À 15 ans, elle quitte la France de la fin des sixties pour l’île de Wight. Bob Dylan est tête d’affiche au célèbre festival. C’était en 1969. Le protest-singer sera d’ailleurs l’un des fils conducteurs tout au long du roman.

Le texte est entrecoupé de phrases en anglais, aussi. Traduites ensuite. Dès les premières pages, Mum Poher est un écrit aux charmes nombreux. Avec une petite particularité, qui m’a perturbé au début : les dialogues ne sont signalés ni par des tirets (cadratins, pour les puristes ! ils se reconnaîtront) ni par des guillemets. Au fil des pages, franchement, on s’y habitue.

En soi, le récit suit principalement la fugue sans retour de Brigitte, sa vie au milieu des gitans écossais, de la population sud-britannique puis des hommes et femmes écorchés par le destin. Mais s’enchâsse aussi dans l’histoire le dialogue entre une Mum Poher âgée d’une soixantaine d’années et le narrateur. Ce dernier va prendre, au fil des pages, une place croissante, donnant une résonance encore plus forte à Brigitte et à la vie qu’elle dédie aux hommes battus, aux personnes en détresse psychologique – voire physique –, aux âmes déboussolées…

Mum Poher pose des questions. Comme beaucoup de livres, allez-vous dire. Du moins, selon l’interprétation que j’en fais, le livre interroge le sens de la vie, sans grandes démonstrations, seulement en montrant la vie comment elle se déroule, comment elle fuit, comment elle peut se laisser apprivoiser. Une subtilité qu’on retrouve dans ces 180 pages confondant parfois fiction et réalité. D’ailleurs, Mum Poher existe-t-elle vraiment ? Et le narrateur ? En tout cas, je me suis posé la question à l’issue de ma lecture, terminée en deux, trois jours (et je suis un lecteur lent !).

Alors, faut-il lire Mum Poher ? La réponse coule de source, pour toutes les raisons évoquées dans les paragraphes précédents. Si vous n’avez pas compris, je vous invite à les relire rapidement. Il faut donc acheter le roman et le lire. D’abord, parce qu’il a le mérite d’exister, de proposer une lecture sans prise de tête (juste avec quelques coquilles semées dans les pages 🙂 ). Ensuite, parce que le récit et sa construction sont sobrement originaux. La plume de Sébastien Bailly est fluide, entraînante, ni trop bavarde ni pas assez.

Enfin, il faut lire Mum Poher, parce que les personnages de Brigitte comme du narrateur sont attachants. Cela importe beaucoup. Même si les portraits sont minimalistes, l’auteur effectue la connexion avec une aisance confondante pour un « premier roman ». J’en suis presque jaloux ! Sans ces characters (allez, je me lance dans les anglicismes moi aussi !), il aurait été difficile de me laisser sortir du roman satisfait. La mission est donc remplie. Au point, presque, que je retourne à la première page pour recommencer…

Bref. J’étais bien tenté de vous répondre : « Il faut lire, parce que ! »

  • Sébastien Bailly, Mum Poher, Librinova, 14,90€. Version électronique : 6,99€.

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